Johann Künzle

est né le 3 Septembre 1857 près de Saint Gall en Suisse.
Autrefois, il était courant qu’un enfant doué issu d’une famille nombreuse et pauvre s’oriente vers le sacerdoce. Johann Künzle fréquenta donc le Petit séminaire St Georgen et devint diplômé du Collège bénédictin d’Einsiedeln.
Le jeune lycéen trouva en le père Ludwig Staub, son professeur de botanique, celui qui fut son «père spirituel» et qui le guida vers sa vocation quelque peu tardive qui le poussa à devenir curé-herboriste.
Il suivit par la suite des études de théologie et de philosophie en Belgique.
Parmi les différentes missions d’assistance qu’il se donnait figurait notamment le soin des malades, qui lui révéla une vision plus holistique de la santé des hommes.

Le savoir de la «pharmacie du Seigneur»
Dès 1907, il est prêtre à Herisau. C’est là qu’il acheta aux enchères le livre des plantes médicinales du professeur de médecine Jakob Theodor Tabernæmontani, mort au XVIe siècle. Cet ouvrage très complet décrivait les plantes sur les plans à la fois botanique et médical, en donnant des indications sur leur utilisation et ce, depuis l’Antiquité. Aussi ses connaissances étaient-elles non seulement basées sur la nature, mais également sur la médecine. Il enrichit son savoir par l’étude des conclusions des travaux réalisés par Hildegarde de Bingen.

De 1909 à 1920, le curé Künzle officia à Wangs. Durant ces années, il consolida son activité de naturopathe, bien que son travail au sein du clergé passât toujours en priorité. En 1911 parut le guide des «Bonnes et mauvaises herbes» («Chrut und Unchrut»). Un ouvrage vendu à un prix abordable et rédigé dans un langage que tous étaient capables de comprendre. En parallèle, son atlas des plantes médicinales fut publié. Un guide pratique contenant les informations nécessaires à l’identification des plantes médicinales ainsi que des conseils quant à la période à laquelle les récolter.

Curé ou naturopathe
Dans le canton de St-Gall, exercer en tant que naturopathe n’était pas autorisé. Le médecin du village l’ayant dénigré auprès de l’évêque responsable, les autorités compétentes conseillèrent au curé d’arrêter de «jouer au docteur». Ce dernier aurait certainement obéi à un ordre, mais pas à une recommandation… L’évêque de Coire de l’époque sut redonner du courage à cet homme volontaire et l’invita à s’installer dans son diocèse.

En 1920, le curé Künzle déménagea ainsi à Zizers.
Après ce déménagement, il se tourna complètement vers la médecine naturelle. L’affluence, même dans ce nouvel endroit, était considérable. Mais ce bonheur fut de courte durée. Bientôt, certains habitants de Zizers, jaloux de la réussite de ce médecin herboriste, le dénoncèrent aux autorités de Coire et à nouveau, le curé Künzle se retrouva sous le feu des critiques. Le mécontentement des habitants vis-à-vis de ces machinations grandissait, de même que leur engagement dans leur volonté de pouvoir choisir librement leur médecin.
Une collecte de signatures permit d’organiser le célèbre référendum concernant l’initiative sur la médecine par les plantes dans le canton des Grisons, au cours duquel la population s’exprima clairement en faveur de son autorisation.

Examen obligatoire
Afin d’exercer ses fonctions, le naturopathe de 65 ans dut passer un examen à Coire, organisé par le département des affaires sanitaires. Cette épreuve passée, Johann Künzle put se consacrer à ses patients, à ses études, à ses activités d’éditeur ainsi qu’à sa production de plantes médicinales. En 1939, il fonda la société «Kräuterpfarrer Künzle AG».

L’héritage
Le médecin herboriste rassembla toutes les expériences qu’il avait faites dans «Das grosse Kräuterheilbuch», un grand livre sur la phytothérapie paru en 1944, peu avant sa mort. Cet ouvrage lui permit de transmettre son héritage à une humanité en plein tourment, et sur lequel celle-ci pourrait s’appuyer à tout moment.
Dans la nuit du 7 au 8 janvier 1945, le curé Johann Künzle s’éteignit à son domicile de Zizers, à l’âge de 87 ans.

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